Spandex in the City #15 du 20 aout 2009

Les gentils et les méchants

par Sapphire

Je n'ai jamais réellement compris les méchants. Je le confesse. Pour moi, il a toujours été évident que tout le monde voudrait devenir un super héros. Qui ne voudrait pas sauver des gens ? Qui ne voudrait pas de cet amour et de cette adoration ? Bien sûr, je ressent la même chose en étant une rockstar. Donc on pourrait sûrement dire que j'en suis venu au super héroisme par penchant.

Mais le weekend dernier j'ai eu une expérience qui m'a fait réfléchir. Je connais pas vraiment de méchant. J'en ai combattu des tonnes. Mais je ne dirais pas que je les connais particulièrement bien. Je suppose qu'il y a Foxbat, et bien que je le connaisse mieux que la plupart des méchants, je ne le connais tout de même pas aussi bien que ça. Et je dois l'avouer, je pense que c'est plus un lunatique qu'un méchant à proprement parler.

Cette semaine, je me suis retrouvée à dîner avec Mind Slayer.

Elle m'a attaqué au salon de manucure pendant la semaine et déposa une note dans ma poche, m'invitant à la rencontrer dans mon restaurant favori, Bohème. Je dois le dire, j'étais surprise.

J'en ai parlé avec les autres Champions et notre avons d'abord penser à une quelconque sorte de piège. Me prendre seule, dans un endroit où je me sentais en sécurité, et alors me sortir ses lames mentales. Après un moment, nous avons décidé que ça valait le risque. Mind Slayer, nous le savons, fait partie d'un groupe de criminels psioniques. Mais nous n'avons pas la moindre information sur eux. L'ignorance est dangereuse. Donc je suis partie la rencontrer. Witchcraft s'habilla en cliente normale et se cacha à une autre table, en renfort.

Mind Slayer... n'était pas ce  quoi je m'attendais. Elle apparaît toujours si dure, si punk. En colère.  Quand elle s'assit en face de moi, elle semblait plus stressée qu'en colère. Ses yeux se baladaient constamment d'un endroit à l'autre tandis qu'elle continuait à surveiller nos alentours. Elle ne se sentait clairement pas à l'abri ici.

“Je hais ce genre d'endroit,” elle me dit.

“Je suis surprise que tu l'aies choisi,” lui répondis-je.

“Je voulais que tu viennes, n'est-ce pas ? Tu aimes ce lieu, avec tous les riches.”

J'ai plissé les yeux. Je n'y avais pas pensé de cette manière. “Bien, j'aime la nourriture. Et j'aime le fait qu'ici les gens me laissent tranquilles,” je lui dis.

Elle ricana. “C'est parce que t'aimes te montrer. Tu pourrais aller n'importe où, n'importe quel endroit, et faire en sorte que les gens te laissent tranquille si tu ne portais pas ce short coupé jusque là et ces bottes jusqu'aux cuisses. Fais toi une queue de cheval, ne mets pas de maquillage, mets un t-shirt normal et un jean, personne ne saura qui tu es.”

“Je ne veux pas me cacher,” Je lui dis.

“Certains d'entre nous se cachent tout le temps. Parce que nous le devons.” Elle se pencha en arrière sur sa chaise tout en rongeant un bout de pain. “T'as été chanceuse. Te révélant devant plein de gens. Te défendant, et tout le monde a dit, ‘Hé, génial ! C'est une bonne chose, voila ce que c'est . Une super rockstar Se battant pour le bien.’ Tu sais comment je l'ai appris ? En vivant dans la rue. Un groupe de bandits m'a attrapée dans une ruelle une nuit, en voulant à mon argent et à tout ce qu'ils pouvaient prendre. Et bam ! Mes lames les découpent net. Toute première fois. Ca m'a fichu une peur bleue. Il n'y avait personne là-bas pour me dire bon travail, gamine. Ou me taper dans le dos et me dire que tout va bien. C'était juste moi et un groupe d'idiots et une ruelle.” Elle lacha son bout de pain à moitié fini dans son assiette. “C'est ça la différence entre moi et toi. Un million de personnes, et une ruelle.”

C'était troublant, mais je devais me poser la question. Est-ce que ma vie aurait été aussi différente si j'avais été moins chanceuse ? Si j'avais fini dans la rue, comme elle l'a fait, est-ce que j'aurais eu une telle rupture avec mes pouvoirs énergétiques ? Est-ce que j'aurais tué des gens la première fois que mes super pouvoirs se seraient manifestés ? Ce genre de chose vous fait peur. Et ça vous mène le long d'un chemin effrayant, vraiment effrayant. Je l'imaginais elle, adolescente, perdue et seule. Je pouvais voir pourquoi elle était devenue une vilaine, à toujours devoir s'occuper d'elle-même en premier.

“Pourquoi voulais-tu me parler ?” je lui ai demandé après que notre nourriture soit arrivée.

Elle haussa les épaules et se recroquevilla. “C'est Psimon.”

Pour ceux qui ne le savent pas, Psimon est le leader du PSI, et un supervilain sur lequel nous avons essayé de poser la main depuis un long, long moment. Il était aussi, pour autant qu'on puisse le dire, l'amour de la vie de Mind Slayer. Elle venait me parler de Psimon ?

“Il prépare quelque chose que je n'aime pas. Quelque chose de mauvais.Quelque chose de mauvais pour lui.”

Juste au moment où elle allait m'en dire plus, toutefois, Foxbat nous a interrompu en bondissant sur la table, portant une robe, et me déclarant son amour. Encore. Me promettant d'être plus en accord avec son côté féminin, comme si c'était ce que je voulais. Et alors il pointa Mind Slayer, en déclarant, “Je ne perdrai pas pour une telle racaille ! Bats-toi, vilaine donzelle, pour l'amour de cette noble demoiselle !”

Au point que Mind Slayer, assez sagement, dit quelque chose que je ne peux poliment répéter, et ensuite s'enfuit. Une fois capable de me débarasser de Foxbat (et merci pour ton aide, Witchcraft – ce sort de confusion fait des merveilles) je me retrouvais à réfléchir à tout ce que Mind Slayer m'avait dit.

La rencontrer pour diner n'était pas si mal. Lui parler était comme parler à n'importe quelle jeune femme irritée. Je pouvais voir pourquoi elle était si extérieurement rude. Je pouvais m'imaginer à sa place et me sentir mal pour elle. Et ensuite, Psimon. Ce qu'il s'apprête à faire l'ennuie vraiment. Très nettement, elle croit que ce peu importe ce qu'il fait va lui faire du mal. A quel point est-ce différent de Witchcraft voulant protéger Defender ? Ou de moi voulant défendre n'importe lequel de mes camardes Champions ?

Cela me pousse à me demander. Devons-nous toujours être les gentils ou les méchants ? Les choses ne changent-elles jamais ?

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